Mr Pirlot (lors du premier entretien) explique les difficultés à mettre au lit sa femme, l'insistance de l'infirmière à ce que soit installé un lit médicalisé et ses raisons pour y résister, jusqu'à l'hospitalisation de Mme suite à une chute (rapportée par la cheffe d'équipe). Cette question du lit médicalisé a été abordé chez les Levesque (chapitre 1) et chez les Van Bol (chapitre 3)
: Mr Pirlot a 80 ans lorsque je le rencontre, tout comme sa femme dont le diagnostic (maladie d'Alzheimer) a été posé en 2006. A partir de 2010 (on est alors en 2011), la maladie a beaucoup progressé : Mme ne peut pratiquement plus marcher, elle est devenue incontinente (ce qui affecte beaucoup son mari), elle dit encore quelques mots mais est rarement compréhensible. Une infirmière vient chaque jour pour le lever et la toilette, puis au départ une garde est intervenue une matinée par semaine, puis progressivement (en février 2012), 4 fois par semaine. L'objectif (selon la cheffe d'équipe) est de permettre ainsi des plages de repos pour Mr et de « maintenir un tissu social » autour de Mme.
Mr Pirlot a été ingénieur pour une grosse entreprise, pour laquelle lui et sa femme ont vécu plusieurs années à l'étranger. Mr et Mme Pirlot ont deux filles, dont une vit aux Emirats Arabes Unis, l'autre pas trop loin de chez eux chez laquelle ils vont manger tous les dimanches.
J'ai rencontré Mr et Mme Pirlot par le service de garde qui intervient chez eux. Je les ai rencontrés en présence d'une garde en octobre 2011, puis mené un entretien avec une autre garde chez eux 2 semaines plus tard puis mené un entretien avec la responsable de l'équipe en février 2012.
La
mise au lit est difficile, car madame a parfois mal au dos, elle a peur aussi
d'aller vers l'arrière : « Parfois, je dois presque la projeter sur
le lit pour qu'elle s'allonge.
L'infirmière insiste pour qu'on installe un lit médicalisé. Je me suis renseigné. Je n'ai pas envie. D'abord, ça veut dire qu'on ne pourra plus
dormir ensemble. Ou alors, il faudrait 2
lits médicalisés, pour qu'on puisse être l'un à côté de l'autre. Mais j'ai envie que la chambre reste un peu
chaleureuse : avec deux lits médicalisés, on aurait l'impression de vivre
à l'hôpital ».
Quelques
mois plus tard, la cheffe de l'équipe des gardes me raconte : « Mme
Pirlot a été hospitalisée suite à une chute. Elle est encore en convalescence à
X mais elle rentre justement à la maison demain. Mr Pirlot a interpellé le
service pour qu'un ouvrier vienne aujourd'hui installer le lit médicalisé.
Monsieur nous a dit : « on va voir comment ça va se passer. »